Mélancolie festive

Publié le par Moussa Sarr

Mélancolie festive

L'acidité de mes larmes contenues me brouille l'esprit
Lorsque le monde rit de joie en famille de colibris, je ris en moutarde
Qu'ai-je fait au ciel pour mériter un tel festin
Pour l'âge de raison je me suis fait une raison
J'ai changé mon destin à dessein pour avoir une vie de raison
Pourtant la froideur de la liberté me suit comme l'unique butin
Qu'une vie de combat m'offrait pour gagner une parcelle de liberté

L'acidité de mes larmes me rappelle l'indécence de ma familiale de vie
Présent-absent, le géniteur s'en était déjà allé comme un père- absence repu de guerres lasses et sales 
Et rien ne put en être un substitut dans ma vie si ce n'est l'illusion d'être un non être
Je ne vivais qu'accroché aux seins du saint Pangloss rempli de positives pensées
Traînant de quartiers en quartiers, mon bonheur je cherchais
Pendant que les autres claquaient des portes moi je marchais sans la der des protections

L'acidité de mes larmes me rappelle mes longs monologues sur la Corniche
De Fann Hock au Lycée Van Vollenhoven, je cherchais ma niche
Pieds nus je martelais le macadam à la recherche de l'espoir
La liberté montrait son doux visage lorsque la Kodjo à la caniche
Dans les méandres de la philosophie grecque m'entraînait
Pour me sauver de mes errements dans le monde du désespoir

L'acidité de mes larmes me rappelait le son de la voix fluette du vent
Au discours inconvenant qui me remémorait mon social de dénuement
Seul dans ces méandres de la pauvreté je fis le serment
Que de ces méandres je sortirais tel le Zénith pour coloniser mon firmament
Ce firmament étoilé qui suivait ma juvénile trajectoire
Rappelant le jour de ma naissance lorsqu'Il avait dit que j'étais l'Espoir

L'acidité de mes larmes me rappelle ma solitude d'hier devenu celle d'aujourd'hui
Ils m'ont tout pris pour rien me donner dans ce sempiternel puit
Où leur force meurtrière écrase ma liberté qu'ils veulent voir qu'en libertinage
Mais la puissance de mon destin les tassera et à Ndayyan j'arriverai en nage
Glorieux comme l'enfant du Périple nourri au sein du saint Pangloss.


La mélancolie sera toujours pour moi le bonheur d'être triste.


Moussa Sarr
Québec le 21 décembre 2003

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Publié dans Poésie

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