La culture, ferment de notre identité

Publié le par Moussa Sarr

http://www.impactcampus.qc.ca/arts/20051018/000327.html

Ils font de la peinture, de la sculpture, de la poésie. Ils sont d’Afrique, d’Asie, d’Europe ou des Amériques. Ce qu’ils ont en commun? Leur désir d’abolir les préjugés envers l’Autre, celui qui a une culture différente, leur désir de «partager leur humanité».

Les artistes du collectif Arts Migrants, dont le lancement avait lieu le 14 octobre au pavillon Alphonse-Desjardins sous le nom d’Éphémères I, est composé d’artistes, principalement en arts visuels, de la ville de Québec. Ils sont Québécois d’origine ou issus de différentes communautés culturelles.

Les objectifs de ce groupe sont de tisser des liens entre les artistes québécois et néo-québécois, de tuer dans l’œuf les préjugés envers les immigrants, de «créer un espace où les gens viennent chercher le sens avec l’Autre», dit M. Moussa Sarr, qui coorganise l’événement. «Mes rapports avec les Québécois se sont faits par l’art», ajoute le Québécois d’origine sénégalaise qui est aussi sociologue, peintre et poète.
M. Renaud Gilbert-Lamy, chargé du projet avec M. Sarr, explique que l’art est un moyen privilégié de développer des sociétés respectueuses et tolérantes envers les nouveaux arrivants: «Il n’y a pas de préjugés rattachés à l’art. C’est un milieu positif et neutre.»

Le projet Arts Migrants est d’ailleurs né de ce besoin qu’ont les nations, à l’heure de la mondialisation, de s’ouvrir à l’immigration. «Il faut accepter que l’Autre nous transforme et qu’on le transforme aussi; c’est ainsi que l’on forme des communautés», dit M. Gilbert Lamy, qui déplore le manque de vision et de perspective des gouvernements devant le phénomène de la migration.

Il souhaite, avec son projet, participer à l’élaboration d’une société ouverte, sans les problèmes que connaissent des pays comme la France dans l’acceptation de leurs immigrants. «Au Québec, je crois qu’on a peur de l’immigrant par peur de perdre notre fait français », continue-t-il. D’où l’ambition du collectif de s’ouvrir à tous les artistes de la Francophonie et d’ainsi permettre au Québec de rayonner sur la scène mondiale.

Certains artistes associés à Arts Migrants sont des étudiants ou des professeurs de l’Université Laval. Pascal Boucher, qui poursuit ses travaux en arts visuels au laboratoire LANTISS, est l’un des Québécois d’origine qui participent au collectif. Il affirme qu’«il y a 20 ou 30 ans, on aurait pu voir une différence de nature culturelle entre mes œuvres et celles de Moussa (Sarr), par exemple. Avec l’échange qu’il y a maintenant, j’aurais pu faire ses toiles et il aurait pu faire les miennes.»

Tout en préparant une récidive de manifestation artistique à Québec, le collectif Arts Migrants entretient un blogue, qu’on peut lire au http://
artmigrant.blogspot.com.

Le lancement du collectif a été financé en partie par l’Animation socioculturelle de l’Université.

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